Gilles Seemann Quintet – Invité : Fabien Mary – en concert le 27 janvier 2012

Gilles Seemann Quintet – Invité : Fabien Mary (trompette)

Jusqu’à 20 ans, on passe sa vie à rêver… Après 20 ans, on passe le restant de sa vie à vouloir réaliser ses rêves ». C’est en citant Jacques BREL que Gilles SEEMANN, pianiste et chef d’orchestre, nous laisse percevoir sa passion pour le jazz.

Fidèle à l’esprit du « Bop » et du « Hard Bop » de la musique acoustique de l’époque, le « FORMULE BOP QUINTET » s’efforce de restituer cette page de l’histoire du jazz des années 50 et 60.
De très bons solistes, une rythmique solide, un répertoire adapté au quintet et au sextet, bref une équipe heureuse de venir jouer et partager à « Jazz à Chevilly » ce moment que l’on attend toujours avec impatience.
Pour ce faire, Gilles s’est entouré du jeune et élégant Fabien MARY, l’une des gloires montantes et déjà bien installé au sein du club des trompettistes qui comptent sur la scène internationale du jazz, César POIRIER (saxo ténor), musicien à géométrie variable, armé d’une robuste expérience acquise aussi bien dans des groupes manouches ou traditionnels qu’en duo ou en big band. Ils seront soutenus par Gilles SEEMANN (piano), l’excellent Nicola SABATO, un habitué du club à la contrebasse et de Sylvain DESIGNE (batterie) qui vient pour la première fois mais dont le parcours est déjà impressionnant.
Venez nombreux, ils attendent d’être sur scène pour vous raconter des belles histoires !

 

JAZZ A CHEVILLY le vendredi 27 janvier dès 20h30
Salle Léo Ferré – 65, Avenue du président ROOSEVELT, 94550 – CHEVILLY-LARUE
Bar, assiettes-repas, boissons
1er concert + adhésion : 20€ – Concerts suivants : 10€

 

TOUS NOS VŒUX (de changement) POUR CETTE  NOUVELLE ANNÉE QUI COMMENCE…

Une pensée sur “Gilles Seemann Quintet – Invité : Fabien Mary – en concert le 27 janvier 2012”

  1. La suite de l’article compilé par un de nos adhérents et grand danseur Swing, Philippe Lepers, qui nous raconte son histoire du Be-bop, qui est aussi une danse !

    Une histoire du Be-bop et de sa danse

    Décidés à faire cavaliers seuls et exploiter des carrières solos en dehors des big bands dont ils sont issus, Charlie Parker et son quintet, Miles Davis, Dizzy Gillepsie, Curly Russel et Max Roach enregistrent le 29 novembre 1945 leur premier disque de Be-bop.
    Le terme Be-bop ou Re-bop est une onomatopée scattée, une forme d’improvisation vocale qui remplace à certains moments les paroles d’une chanson. La forme de musique qui se cache sous ce terme se distingue des formes précédentes de jazz par un tempo plus rapide, des grilles harmoniques très fournies et des phrasés dynamiques. Les accords peuvent changer plusieurs fois par mesure. L’improvisation est très importante et la section rythmique devient égale de la section mélodique. Des accords étranges qui sont loin d’être acceptés par les tenants du swing pur et engendrent une polémique qui crée une scission, une véritable bataille d’Hernani entre les anciens et les modernes…

    En France le Be-Bop et sa danse sont véritablement apparu en février 1948, salle Pleyel où Dizzy Gillespie fit un tabac monstre aussitôt relayé par Boris Vian au Club Saint Germain semant aussitôt la contagion dans les bistrots et caves du quartier avec pour principaux fans Juliette Gréco, Jean Paul Sarthe, Simone de Beauvoir, Yves Montand, Simone Signoret, Jean Louis Barrault, Madeleine Renaud et une myriade de célébrités qui vont révéler ce genre musical et ses chorégraphies dans l’hexagone et l’Europe toute entière.
    Mais sur cette forme de musique, quel type de danse pratique t’on ?
    Pour cela il faut remonter à la fin des années 20 à New York, à Harlem précisément, où une danse de rue s’est développée à partir d’un mélange de Charleston et de Breakaway.
    Le dimanche, pendant que les blancs fréquentaient le huppé Cotton club, les blacks désargentés se ruaient au Savoy, le ballroom à la mode acceptant toutes les ethnies et où les danseurs s’affrontaient à grands coups d’improvisations d’origines africaines sur une structure en 6 ou 8 temps issu des danses européennes. Un mélange de danse solo typique de l’Afrique avec la danse en couple des blancs. Les dancings de l’époque pour attirer du monde n’hésitaient pas à organiser des concours où une improvisation réussie pouvait à tout instant rendre célèbre un danseur. Gorges Snowden était de ceux là. Sa figure homonyme, le Shorty Georges, est encore pratiquée de nos jours comme le non moins célèbre Suzye Q.
    Ce jour là, le 21 mai 1927, c’est tout au moins la légende la plus généralement admise, Georges, après une danse endiablée totalement improvisée, est interrogé par un journaliste venu s’encanailler au Savoy. Ce dernier lui demande alors : Quelle est cette danse ?
    Bien embarrassé et ne savant pas quoi trop répondre, il a encore en tête, comme tout le monde à New York et dans les états unis tout entiers, la réussite de la première traversée de l’Atlantique en avion par Charles Lindberg. Les manchettes des journaux avaient titré ce matin là : « Le saut de Lindberg » Il répondit : Le Lindy hop !
    Le Lindy hop fut popularisé et surtout codifié par Frankie Manning et sa troupe : Les Whitey’s Lindy Hoppers qui essaima cette danse dans toute l’Amérique.
    Et dire qu’étant petit, sa mère, une danseuse professionnelle, dont le fiston suivait les tournées
    avec admiration, s’exclamait sur son rejeton qu’il ne ferait jamais un bon danseur, Il donnait trop l’impression d’avoir un manche à balai dans le cul ! Ce dernier nous a quitté le 26 avril 2009. A 95 ans, il dansait encore et s’apprêtait à venir fêter son anniversaire en France où il était connu et apprécié par son talent et sa bonne humeur. Il nous reste sa routine restée célèbre, le Shim Sham. Cela ressemble à du madison matiné country avec claquettes à l’appui. C’est très impressionnant quand un groupe de danseurs swing ainsi à l’unisson rythmé par le Tap-dance et la frappe des mains.
    Le Lindy hop apparaît la première fois en France en été 1937 dans la revue du Cotton club avec l’orchestre de Teddy Hill mais il faut attendre la libération en 44 pour voir les GI’s introduirent cette danse d’une façon massive dans l’hexagone qui entre temps avait été rebaptisé : Jittersburg. Pourquoi diantre changer de nom ? Le Jittersburg vient d’une expression populaire désignant au début du 20eme siècle les alcooliques souffrant du delirium tremens qui dès 1926 fut associé aux danseurs de swing qui donnaient l’apparence d’être totalement ivres lors de leur prestations improvisées.
    Ce serait Harry White, trombone dans l’orchestre de cab Calloway, qui aurait sacralisé ce mot en apostrophant ses amis passablement défoncés : « Who in hell took my jitter, bug? »
    Les Américains dès 1936 employaient ce mot pour désigner globalement les danseurs de swing ou les différentes variations comme le Lindy Hop, le Jive ou bien le West coast Swing.
    Pour mémoire les GI’s débarquant au royaume uni en 44 avaient également dans leurs bagages une variante du Jittersbug, le Boogie-woogie nommé ainsi pour son tempo ressemblant aux bruits que font les bogies composés de deux essieux rapprochés d’une voiture de chemin de fer quand ils passent sur les jonctions de rails, ta-da…ta-da… Très vite les Anglais qui avaient déjà codifié pratiquement toutes les danses standards et latines, s’empressèrent d’en faire autant avec ce Boogie un peu trop débridé à leurs yeux et en firent une danse de compétition, le Jive qui curieusement est classé dans les danses latines.
    Mais revenons en France, la seconde patrie du Jazz.
    Jean Mourier dit Jano Merry est le véritable instigateur de la danse Be-bop en France.
    Né à Montrouge en 1930, il est déjà à 15 ans sur la piste du Lorientais à imiter les zazous sur les airs de swing de Glenn Miller, Duke Ellington, Claude Luter, Bechet, Armstrong ou Basie.
    En 49, il monte avec sa troupe, les rats de caves, un numéro de Jittersburg acrobatique qu’il adapte à sa sauce et crée la danse Be Bop en osmose totale avec les nouvelles formations dissidentes du swing pur.
    Très vite c’est l’engouement et ils débutent une tournée en commençant chez Carrère aux Champs Elysées, se produisant à L’ABC et bien sûr à Saint Germain des Prés.
    Jusqu’en 1955, ils font un tabac et la jeunesse ne s’y trompe pas en adoptant cette danse un rien contestataire comme les sonorités de ce nouveau genre où, sacrilège, on voit même apparaître la guitare électrique au sein des formations de jazz.
    Un film, un simple film de série B, en apparence seulement, « Graine de violence » va faire voler en éclat les certitudes des « croulants » qui avaient commencé à apprivoiser enfin cette danse de sauvage. Bill Halley et ses Comets omniprésents sur la bande son, vont, avec « Rock Around The Cloth, faire déferler sur la vieille Europe un Tsunami qui va tout balayer sur son passage. Le Rock’n Roll était né. Les déhanchements suggestifs d’un certain Elvis Presley n’avaient rien d’un extincteur mais plutôt d’un cocktail Molotov qui aujourd’hui encore brille aux centres des pistes de danses de la planète jazz.
    Si le Lindy Hop, comme le Charleston, Le shag , le Balboa ou bien le West coast, tous issues du swing, se dansent généralement sur 8 temps, le Bebop comme le rock’n Roll « classique » se danse sur 6 temps. 4 temps pour le Rock’n Roll dit « étudiant » mais très peu dansé en France.
    Pour mémoire il existe pour les danses de compétition dites sportives, codifiées par les anglais, les danses latines et les danses standards.
    Les latines sont au nombre de 5, La Samba, le Cha- cha-cha, la Rumba, le Paso-doble et le Jive.
    Les standards, au nombre de 4, la Valse lente (ou valse anglaise), le tango dit classique, (le tango argentin n’en fait pas parti), le Quick-step et le slow fox.
    Seuls le Jive et le Quick-step peuvent s’accorder sur des musiques swings, BeBop ou Rock aux tempos élevés de l’ordre de 40 à 70 mesures par minute.
    Pour les danses swings non codifiées officiellement par l’organisme international de tutelle, il y en a qui conviennent parfaitement pour accompagner les musiciens de jazz du quintette au big band. Le Fox-trot, le Balboa, le Shag (ou Collégiate Shag) et le bon vieux Charleston ont encore de grands jours devant eux et ils reviennent furieusement à la mode sur les dance-floors. Ils rendent complètement has been les danseurs solos qui se déhanchent sur les air de disco. Les prouesses de certains couples en Balboa qui arrivent à soutenir un tempo à 300 m/mn sont tout simplement stupéfiantes et méritent bien les tonnerres d’applaudissement qui suit leurs démonstrations.
    Je ne saurais trop conseiller à ceux que cela intéresse d’aller faire un tour sur Youtube en français et taper : Danser le Balboa ou : Danser le Lindy Hop ou : Danser le Shag, etc… Des centaines de démonstrations de ces danses swings sont à portée de clic de souris et vont vous donner une envie furieuse de danser.
    Une danse swing facile à apprendre chez vous, le Fox-Trot, sur 4 temps avec 2 pas lents suivis de 2 pas rapides, vous pouvez, au bout de 20 mn, danser en couple sur « Sing Sing » ! Youtube fourmille de cours gratos qui sont très bien expliqués et vous font progresser rapidement à condition bien sûr d’être assidu et pratiquer régulièrement.
    Pensez à Franky Manning qui à 95 ans épuisait encore ses cavalières !

    Philippe LEPERS

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